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Je vais vous présenter "Le déjeuner de Souceyrac" de Pierre Benoit, histoire savoureuse et truculente à la limite rabelaisienne.

Philippe Mestre remonte de vacances en compagnie de son ami Jean, et les deux hommes traversent le Quercy. Philippe décide de faire un détour par Souceyrac, ville où a vécu sa famille et où réside encore une vieille tante à laquelle ses parents ont tourné le dos depuis de nombreuses années, après l'avoir spoliée dans le cadre d'un héritage. A l'auberge où les deux amis descendent, Philippe apprend que sa tante est décédée et , à son grand étonnement, découvre qu'elle a légué une petite fortune à une famille du cru. Il décide de rester à Souceyrac pour y mener son enquête sur les raisons qui ont conduit sa tante à le déshériter au profit d'un étranger. Si Pierre Benoit traine derrière lui une réputation sulfureuse quand à ses opinions politiques, sa renommée littéraire n'est pas usurpée. Voilà de la belle langue française comme on n'en fait plus. D'aucuns la trouveront ampoulée, lui préférant le style à l'emporte pièce qui caractérise la plupart des romans d'aujourd'hui. Je la trouve élégante même si elle présente des aspects un peu surranés. L'histoire est prenante et on se laisse vite absorber par la duplicité du héros qui s'installe à Souceyrac sous une fausse identité  et mène tout son monde en bateau. Tout son monde, c'est la bourgeoisie locale qui le prend en amitié et notamment le notaire qui a joué dans cette embrouille un rôle de premier plan. L'amour s'en mêle en la présence de la fille du notaire, Armande, mariée à un grossier personnage, fils de l'héritier de la tante, et dont Philippe tombe amoureux.

Quelle est la moralité de cette histoire ? Y en a t il une?

"- En fait de cygne, regarde. Voilà qui me fait l'effet d'un assez joli canoard en salmis.

Jean leva les bras au ciel.

- Imbécile. Imbécile ou ivrogne. Il est indigne d'être originaire d'un tel pays. Il prend pour un salmis de canard un civet de lièvre ! Et quel civet ! Mes compliments, madame. C'est onctueux, c'est noir, c'est magnifique. Nous vous avons sottement défiée. Vous avez relevé le défi. Croyez que nous ne vous en gardons aucune rancune. Mais sapristi, il fallait prévenir ! C'est que je commence à être à bout de souffle. Allons y pourtant. Sainte Vierge, je n'ai jamais rien mangé de pareil !"

Le restaurant existe toujours et célèbre la mémoire de ses anciens propriétaires. Le chef est un peu bourru mais la cuisine et les recettes valent le détour, la région est très belle et ses habitants plus chaleureux que ne les présentent Pierre Benoit dans sons livre...

Belle lecture à tous...