index

C'est un livre à lire et à avoir .. Que vous ne possedez pas et qui vous possède. Ce n'est pas un énième témoignage sensationnel ou dramatique ... Primo Levi met le doigt sur cette peur irraisonnée de l"étranger qui devient le postulat sur lequel se fonde avec une terrible cohérence une conception du monde poussée à ses plus extrèmes conséquences pour aboutir au Lager. Le Lager apparaît comme une réalité cauchemardesque sans aucune communication avec le monde extérieur. " Le besoin de raconter aux "autres", de faire participer les "autres", avait acquis chez nous, avant comme après notre libération, la violence d'une impulsion immédiate, aussi impérieuse que les autres besoins élémentaires ... en vue d'une libération intérieure."

Primo Levi a été déporté à Auschwitz en 1944...

Quatrième de couverture : " On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce.
C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur.
Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité. "
Angelo Rinaldi

Extrait : "Mais dans la haine nazie, il n 'y a rien de rationnel : c'est une haine qui n'est pas en nous, qui est étrangère à l'homme, c'est un fruit vénéneux issu de la funeste souche du fascisme, et qui est en même temps au-dehors et au-delà du fascisme même. Nous ne pouvons pas la comprendre; mais nous pouvons et nosu devons comprendre d'où elle est issue, et nous tenir sur nos gardes. Si la comprendre est impossible, la connaitre est nécessaire, parceque ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies : les nôtres aussi."

Belle lecture ...