Je l'attendais avec impatience ! Le voilà, il vient de sortir, avec toujours cette plume si particulière, pleine de drôlerie et de tendresse, "Je ne sais pas dire je t'aime" de Nicolas Robin, écrivain né dans les Landes, et publié aux Editions Anne Carrière. Voici ce que vous pouvez lire sur la 4ème de couverture :

Quatrième de couverture : Paris, tu l'aimes ou tu la quittes.
C'est une injonction quotidienne pour celui (ou celle) qui se retrouve la joue écrasée contre la vitre d'un métro bondé, qui slalome entre les traces d'urine et les crottes de pigeons, qui se fait bousculer sur le trottoir par un type mal dégrossi à qui il déboîterait bien une clavicule.
Dans ce tohu-bohu parisien, Francine déterre un passé longtemps enseveli devant un guichet de mairie, Juliette espère un jour vendre autre chose que des chaussures à des gens qui puent des pieds, Joachim devient célèbre malgré lui en se faisant larguer en direct à la télé, Ben assiste à la décrépitude de son couple qui s'enlise dans l'ennui au fil des jours.
Un chassé-croisé plein d'humour et de tendresse dans lequel chacun cherche son salut et espère entendre parler de sentiments, au cœur d'une ville épicentre de l'amour, où il est parfois difficile de se dire je t'aime.

Mon commentaire : Ce deuxième roman confirme la plume empathique de Nicolas Robin. Il dissèque avec beaucoup d'humanité les fragilités de nos contemporains, au travers de plusieurs destins croisés. Il raconte le manque de confiance en soi, les certitudes ébranlées, les non-dits, la solitude, la souffrance ... Il donne à chacun la possibilité d'atteindre le bout du tunnel, de s'ouvrir à l'autre et de trouver les réponses aux questions existentielles qui les minent. Loin de se contenter d'un optimisme béat, l'auteur propose quelques pistes de résilience à ces "éclopés du coeur" ...

Extrait : "Ce jour-là, elle avait reçu un coup de fil de Ben, une mauvaise nouvelle, c'était horrible. Avec son mari, elle était partie en urgence chez lui, il fallait faire vite. Ils avaient pris la voiture et avaient eu du mal à se garer. A leur arrivée rue Saint-Denis, les secours étaient déjà repartis, mais sur le trottoir les prostituées étaient choquées. C'est l'une d'elles qui avait trouvé le corps, une blonde avec une grosse ceinture dorée - on aurait dit une caissière de fête foraine. Elle parlait fort avec d'autres filles, elle disait :" Le pauvre gars, il s'est étalé comme une crêpe !". Quelque chose s'était produit, mais ce n'était pas un accident. Sur les pavés, dans la cour, une flaque de sang. Il n'y avait jamais eu de gardien dans l'immeuble, personne pour nettoyer. "Ah non, moi j'suis pute, pas femme de ménage !". Francine et son mari étaient montés chez Ben. La porte était entrouverte, leur fils était assis sur le canapé, immobile. Il s'était tourné vers eux et avait dit froidement : "Il s'est jeté par la fenêtre". Tout était resté figé pendant quelques instants. Ce n'était plus la peine de courir."

Belle lecture à tous ...