Voici la citation de Gustave Flaubert que Serge Airoldi écrit en frontispice d'un de ces derniers livres "Rose Hanoï, rencontre avec la couleur", publié chez Arléa : "Je rêve de tous les tintamarres de la couleur".

Quatrième de couverture : D'une fenêtre de l'appartement, rue Saint-Rome, je garde en mémoire une robe de neige, un matin, sur les toits roses et tendrement orangés de la ville qui tenait aussi ces tientes d'un ciel d'anges et de magies.

Tout est couleur. Et nous avons chacun les nôtres.  La première couleur du livre est celle d'une renoncule dite Rose Hanoï à cause de la subtilité et la tendresse de ses nuances, puis surviennent une lecture, un tableau, un suvenir, un film... Tout est prétexte pour que Serge Airoldi nous raconte, par le prisme des couleurs, l'histoire de l'Histoire, qui est aussi l'histoire de nos histoires, de nos errances, de nos passions en passant du détail insolite à la mythologie, ou de Pasolini à l'art culinaire, de la poésie aux voyages et des voyages à Nicolas de Staël.
Fascinantes miscellanées prises dans le tourbillon de la vie tel que le chantait Jeanne Moreau, avec la même gaieté et la même joyeuse mélancolie.

Mon commentaire : Je ressors de ce livre encore étourdie par le foisonnement des suggestions où tout est multiplié, les couleurs, les sons, les images, les parfums .. Serge Airoldi nous entrouve l'intimité de son âme avec une grande délicatesse et convoque dans son opus les plus grands poètes de la couleur. Il nous emmène ainsi en voyage dans le temps et dans l'espace en exacerbant tous nos sens...

Extrait : "Rose Hanoï. C'est le nom que donnent les fleuristes aux renoncules dont la couleur attire soudain mon regard. Je marche en ville. Rue Racine. A Paris. Le bouquet avait aimanté mes yeux. Impssible de qualifier le rose. Ce rose. Trop de nuances. Trop d'histoires aux occurences du monde, dans cette fraicheur du matin, avec ce rose-hapax. Les fleuristes apportent une solution mais la réponse ouvre mille fenêtres nouvelles. Il faudra nommer, toujours, encore. C'est l'une des exigences. Sans quoi la vie ne vient pas. Ne tient pas vraiment. La couleur est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment, confiait Claude Monet.

Belle lecture à tous ...