Nous allons faire aujourd'hui un bond dans l'histoire avec l'un des plus grands scandales français du XXème siècle : l'affaire Stavisky ! Jean-Michel Charlier et Marcel Montarron ont décrit en 1974 les aventures de l'escroc du siècle, de Bayonne à Paris. Atlantica, magnifique maison d'édition à Biarritz, réedite ce livre en l'illustrant d'étonnantes photos d'époque et d'articles d'une presse déchainée ... et libre.

Quatrième de couverture : Alexandre Stavisky, fils d immigrés russes, marié à un ex-mannequin de Chanel, exerce l art de la manipulation financière et multiplie les arnaques. Dans son genre, « Le beau Sacha » est un touche-à-tout : bijoux, voitures, chèques, actions... tout ce qu il vend est falsifié. Menant grand train, sa vie balance entre luxe et voluptés. Mais une dernière affaire portant sur des « bons d emprunt » émis par le Crédit municipal de Bayonne précipite sa chute, entraînant avec lui un grand nombre de personnalités du monde politique, de la presse et de la justice.. Le 8 janvier 1934, son cadavre est retrouvé dans un chalet de Chamonix. Les circonstances de sa mort demeurent éminemment troubles : assassinat ou suicide ? Le Canard enchaîné tranchera, avec l un de ses titres les plus célèbres : « Stavisky se suicide d un coup de revolver... qui lui a été tiré à bout portant. » Ainsi l opinion publique soupçonne-t-elle des politiques d avoir fait assassiner l escroc pour empêcher la dénonciation de ses complices.

Mon commentaire :  Voilà le genre de livre qu'on ne peut lacher bien qu'on en connaisse déjà la fin ! Ecrit comme un roman journalistique de série noire, vif et bien sûr truffé de rebondissements et de témoignages d'acteurs des deux côtés de la "barrière", ce document ne peut m'empécher de penser aux scandales financiers et politiques contemporains, traçant comme un fil rouge tout au long de l'histoire, de la perversion humaine. Il ne faut pas oublier que cette affaire a entrainé un véritable séisme politique avec la chute du gouvernement... En exergue de ce livre, cette citation de Gérard Bauër en donne l'esprit : " Nous savons bien que certaines amitiés ne résistent pas à l'adversité et que ce sont les gens qui ont mangé dans votre argenterie qui vous l'achètent au rabais. Je préfère les compagnons de Bonnot qui surent mourir à côté de lui dans sa tanière."

Belle lecture à tous ...