Nous partons voguer aujourd'hui sur tous les océans du monde avec "Tangvald" d'Olivier Kemeid, publié chez GAÏA, magnifique maison d'édition à Montfort-en-Chalosse.

Quatrième de couverture : Peter Tangvald vogua sur tous les océans du globe. Profondément inadapté à la société et au monde du travail, il refuse une vie de week-ends et s'exile sur les mers, bâtit de ses mains son voilier en bois, vit en maillot de bain. Il épouse et épuise sept femmes, dont deux meurent en mer. Tangvald était originaire de Norvège, et apprit à naviguer presque par hasard. S'il fait plusieurs fois le tour du monde, sans équipement radio et à la voile, c'est hors de toute performance ou forme d'hommage aux grands explorateurs. C'est en revanche riche en moments épiques. Il devient ici le personnage d'un roman picaresque : en 1986, dans les eaux troubles de la baie de Boquerón à Porto Rico, Tangvald croise celui qui recomposera son destin hors normes. Fasciné par cette vie tragique et rocambolesque, Olivier Kemeid s'invite avec fièvre dans la légende. Tangvald, ou une vie fantasmée.

Mon commentaire : Jubilatoire est le premier mot qui me vient à l'esprit en refermant ce livre ! Une vague immense vous emporte dès la première ligne dans un ouragan d'images et de sensations. Les phrases longues vous retiennent en alternant les noyades affectives et les résurrections exhubérantes. Sous l'apparence d'un récit picaresque, l'auteur esquisse une âme tourmentée, complexe, hors normes, avec des accents rabelaisiens dans cette course frénétique à la jouisance. "Tangvald" est un long voyage autour de la terre, mais aussi et surtout dans la nature humaine parfois très sombre. Tempêtes et calme plat rythment le vent qui pousse cet Ulysse moderne.

Extrait : "Dans l'imagination occidentale, la raison a longtemps appartenu à la terre ferme.Ile ou continent, elle repousse l'eau avec un entêtement massif : elle ne lui concède que son sable. La déraison, elle, a été aquatique depuis le fond des temps et jusqu'à une date assez raprochée. Et plus précisement océanique : espace infini, incertain; figures mouvantes, aussitôt effacées, ne laissant derrière elles qu'un mince sillage et une écume; temêtes ou temps monotones; routes sans chemin." Michel Foucault

Belle lecture à tous ...