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J'ai vécu un moment magique, il y a quelques jours, à la librairie Campus à Dax, au cours d'une conversation savoureuse entre Serge Airoldi et Miguel Bonnefoy  pour son "Sucre noir", publié chez Rivages. C'est un coup de coeur unanime des libraires Patricia, Sandra et Dominique ( fait extrèmement rare parait il ! )

Quatrième de couverture

"Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons. 

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.


Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l’un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d'hommes et de femmes guidés par la quête de l'amour et contrariés par les caprices de la fortune. Il nous livre aussi, dans une prose somptueuse inspirée du réalisme magique des écrivains sud-américains, le tableau émouvant et enchanteur d'un pays dont les richesses sont autant de mirages et de maléfices."

Mon commentaire :

L'auteur manie avec un art consommé une langue jubilatoire, puisant dans un imaginaire collectif puissant, la trame d'un récit naviguant sans cesse entre réalité et onirisme. Bien que s'inscrivant dans une certaine lignée de la littérature sud-américaine, Miguel Bonnefoy a parfois des coups de plumes bovaryens dans sa description de Séréna, ou de Marcel Aimé dans cette aisance à traverser les murs du rêve ( ou du cauchamar ). Avec des mots ambrés comme le rhum qu'il distille avec délectation, il raconte en filigrane l'impossibilité du Vénézuela à extraire sa richesse du travail de la terre par des hommes soumis aux mirages de l'or noir.

Miguel Bonnefoy est un conteur au verbe gourmand et baroque, souvent acéré sur les lachetés humaines, nous offrant ainsi, un roman contemporain unique ... Avec une ultime question : quel héritage recevoir ... et transmettre ?

Belle lecture à tous ...