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Cette chronique est le fruit d'une rencontre qui parle avec passion d'une de ses lectures, comme celle d'Alberto Moravia et "Le mépris" ou "Monsieur Jadis ou l'Ecole du soir" d'Antoine Blondin....Une magnifique écriture qui transcende la langue française ... Expression du désir de vouloir atteindre l'inatteignable alors que ce toxicomane, ancien esthète, extrèmement lucide a déjà baissé les bras ...La nuit, les femmes, l'argent, l"alcool, la drogue, les fêtes, les dîners en ville, et une obsession : le suicide comme seule échappatoire à l'inéluctabilité malgré ou à cause de ses choix ( ou non-choix ) ... et peut-être comme seule possibilié de liberté ...

( Dieu La Rochelle, qui se suicida lui-même, a écrit ce court roman suite à la disparition de son ami, le poète Jacques Rigaut, qui se tira une balle en plein coeur.)

Quatrième de couvertureAlain Leroy achève une cure de désintoxication dans la région parisienne dans une maison santé où l'on soigne surtout des neurasthéniques. Les grands thèmes de ce court roman sont l'amour des femmes, la séduction, le désir, trouver le goût de vivre. Il est séparé de sa femme, Dorothy, qui est à New York. Il déambule dans Paris, sans but. Il fréquente des soirées mondaines, revoit des amis du temps où il se droguait. Il se sent seul, l'ennui, le désespoir ... Plus de goût à la vie, le dégoût, peur de vieillir l'envie d'en finir, sont présents tout au long du roman.

"Le Feu follet traduit en roman cette marche à la mort en roman. Pour être bien sûr que le lecteur ne s'y trompe pas, l'éditeur a eu la bonne idée de faire suivre le roman proprement dit de "L'adieu à Gonzague", petit texte écrit à chaud le lendemain du suicide de Jacques Rigaut. Ce texte est superbe. C'est la plus belle déclaration d'amitié qu'un homme puisse faire à un ami disparu. Impossible de le lire sans avoir la chair de poule. On se surprend à rêver sur la personnalité de Jacques Rigaut? Qui est cet homme qui a influencé à tel point un Drieu et un Aragon ("Aurélien" aussi lui emprunte certains traits de caractère)? Tout est symbolique dans l'histoire des trois amis qui ont parcouru ensemble les années de révolte dadaïste. En 1929, éclate la crise économique, Jacques Rigaut se tire une balle dans la tête, Aragon et Drieu entament leur histoire d'amour avec le totalitarisme, l'un sous sa forme communiste, l'autre sous sa forme nazie. On connaît la fin de cette page sombre de l'histoire. Mais pour en comprendre le début, rien de tel que la lecture du "Feu follet": un petit roman, mais un texte dense, le diamant noir du XXe siècle." Jean-Guy RENS

Belle lecture à vous ///