index

Chronique particulière aujourd'hui avec "Le livre que je ne voulais pas écrire" d'Erwan Larher, publié chez Quidam. J'ai découvert cet auteur il y a quelques mois avec "Marguerite n'aime pas ses fesses" chez le même éditeur, véritable gourmandise littéraire caustique.

Mais ici, qu'allais je découvrir sous sa plume ? Comment allait il positionner son curseur entre le " Ils n'auront pas ma haine" et " Tous les abattre"? La réponse bien évidemment ne pouvait pas être binaire ... Le 13 novembre 2015, Erwan Larher se rend seul à un concert au Bataclan, ses amis et sa compagne étant tous occupés à d'autres choses à ce moment-à...

L'histoire, on la connait. L'histoire racontée par les médias, choisie par les médias ... et puis il y a celle de l'intérieur, l'histoire incompréhensible, inconcevable, innommable ... l'histoire qui laisse un goût métallique dans la bouche, un voile de sang devant les yeux, une main qui s'accroche désespérement à la cheville, une main de nulle part...

Les amis d'Erwan racontent chacun à leur tour l'horreur de ce rendez-vous parfois manqué, entrecoupés d'instannés de l'auteur, autour du Bataclan ... avant ... pendant ... après ...

Erwan Larher raconte la vie qui explose de l'intérieur, les certitudes qui se fissurent, l'apathie apparente du "rescapé" ... et des questions en sourdine ... Mais peut-être pas celles qu'on attend car il va se reconstruire avec la folie des hommes...

Extrait : "Le 13 au soir, j'étais dans une soirée étrange, un loft où je ne connaissais presque personne, vers Château d'Eau. J'étais en train d'envisager de filer à l'anglaise quand une rumeur a commencé à gonfler. Il y aurait un attentat dans le coin. Puis bientôt : il y a des tireurs un peu partout dans Paris.

... Et puis l'info est arrivée : prise d'otage au Bataclan.

Je me suis isolé, je t'ai envoyé un message, je ne sais plus quoi - attends, tiens, je vais le chercher. "Larher, aigle du métal, dis-moi que tu vas bien.

Et puis, pas de réponse ..."

Belle lecture à tous ...