Je vous présente aujourd'hui mon coup de coeur du moment "Les Bourgeois" d'Alice Ferney, publié chez Actes Sud. J'ai retrouvé avec un plaisir teinté de douce nostalgie, la plume de "L'élégance des veuves", lue il y a quelques années.

Quatrième de couverture : Ils se nomment Bourgeois et leur patronyme est aussi un mode de vie. Ils sont huit frères et deux soeurs, nés à Paris entre 1920 et 1940. Ils grandissent dans la trace de la Grande Guerre et les prémices de la seconde. Aux places favorites de la société bourgeoise - l'armée, la marine, la médecine, le barreau, les affaires -, ils sont partie prenante des événements historiques et des évolutions sociales. De la décolonisation à l'après-Mai 68, leurs existences embrassent toute une époque. La marche du monde ne décourage jamais leur déploiement. De Jules l'aîné à Marie la dernière, l'apparition et la disparition des personnages, leurs aspirations et leurs engagements rythment la formidable horlogerie de ce roman très différent d'une simple saga familiale. Car c'est ici le siècle qui se trouve reconstruit par brèves séquences discontinues, telle une vaste mosaïque où progressivement se détachent les portraits des dix membres de la fratrie - et un peu leurs aïeux, et déjà leurs enfants.

Mon commentaire : Cette histoire m'a véritablement fascinée dans son imbrication dans un sièce emporté par une course effrénée, mélant parfois intimement l'individuel au collectif, les joies et les peines familiales aux erreurs et aux silences coupables de la grande Histoire. "Les Bourgeois s'avèrent ainsi une redoutable analyse de nos racines", par le prisme de la famille, cette colonne vertébrale qui semble immuable dans un siècel traversé par une grande confusion. Alice Ferney met en exergue de ce roman doux-amer, une citation d'Anton Tchekov, tirée des "Trois Soeurs" :

Le temps passera, et nous quitterons cette terre pour toujours,

on nous oubliera, on oubliera nos visages, nos voix, et combien nous étions.

Belle lecture à tous ...