Une pépite gourmande et jubilatoire aujourd'hui avec "Petits suicides entre amis" d'Arto Paasilinna, publié chez Folio et traduit par Anne Colin du Terrail.

Quatrième de couverture : Deux suicidaires se retrouvent fortuitement dans une vieille grange où ils souhaitaient partir tranquilles. Entravés dans leurs funestes projets, ils  se mettent en tête de rassembler d'autres désespérés pour monter une association. Commence alors, à bord d'un car de tourisme flambant neuf, un périple loufoque mené à un train d'enfer, des falaises de l'océan Arctique jusqu'au cap Saint-Vincent au Portugal pour un saut de l'ange final.

Mon commentaire : Ce genre d'histoire est un véritable antidote à la morosité ambiante et une magnifique ode à la vie sous un ton caustique et poétique. La vie et la mort étant indissociablement liés, l'auteur nous emmène dans une réflexion mordante sur le suicide en soulignant par contraste tous les aspects jouissifs de la vie. Excellente analyse au scalpel de la société contemporaine.

Extrait :"Sur le sentier, il avait soudain senti un étrange éclatement à la tempe droite, comme si une veine s'était rompue dans sa tête. C'avait été une impression merveilleuse, libératrice. Quelle chance de pouvoir ainsi mourir de mort naturelle dans ce paysage ensoleillé, honorablement, en quelque sorte. Une hémorragie cérébrale est une cause de décès convenable même pour un colonel, surtout en période de paix. Pris de vertige comme il se doit, il s'était écroulé à quatre pattes sur le pré, espérant que les spasmes de l'agonie ne tarderaient pas. Il s'était frotté la tempe, la veine avait tâché la peau en cédant. Il avait regardé sa main. Nom d'un chien, ce n'était pas du sang, mais une pâte blanche et nauséabonde. Il lui avait fallu quelques instants pour comprendre qu'il n'avait pas été frappé d'apoplexie. La coupable était une mouette tournoyant dans le ciel."

Arto Paasilinna met en exergue de son livre cette maxime populaire qui donne le ton à son livre : Le plus grave dans la vie, c'est la mort, mais ce n'est pas quand même pas si grave.

Belle lecture à tous ...