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Je reviens aujourd'hui avec beaucoup de plaisir vers Philippe Lescarret avec "Blanc sec et série noire", publié aux éditions Cairn, manifique maison paloise, dans la collection du Noir au Su.

Quatrième de couverture : Une ville étudiante de province en proie à une vague d overdoses foudroyantes et incompréhensibles... Une enquête longue et difficile s annonce pour le lieutenant Loubeyres. Bien plus qu une enquête policière, Blanc sec et série noire est un véritable roman noir. Pour son deuxième roman, Philippe Lescarret continue de s intéresser au mal-être de la jeunesse, après la prostitution étudiante dans Nous n irons plus au bois, il s attaque ici aux ravages de la drogue. Il dénonce ainsi les méfaits de cette économie parallèle, en mettant en avant l ingéniosité des narco-trafiquants de plus en plus inventifs pour faire circuler leurs produits. Cette enquête est aussi l'occasion de s immerger dans le monde viticole. « Je travaille depuis 22 ans auprès de jeunes. J'ai côtoyé de nombreux jeunes en difficulté, surtout en internat de lycée professionnel où j'ai vu certains d'entre eux sombrer dans le cannabis. C'est ce parcours qui m'a inspiré. L'histoire est toujours la même. On les voit arrêter le sport, se désocialiser, abandonner leurs études, couper les ponts avec leur famille et ne plus vivre que pour la fumette qui devient une obsession. Ni les flics, ni les profs, ni les psys n'arrivent à lutter contre ce phénomène. Voilà ce que j'ai essayé de dénoncer entre les lignes.» Après la découverte du cadavre d'un viticulteur jurançonnais, une série de morts violentes s'abat sur Pau et sa région. Jeunes issus des quartiers nord, fils et filles de notables, aucun milieu n'est épargné. Que cachent ces overdoses à répétition ? Qui en voulait à Capdevielle ? Le lieutenant Yann Loubeyres et ses coéquipiers de la PJ mènent une enquête compliquée. Entre trahisons, adultères et intérêts financiers, le monde de la viticulture n'est pas une confrérie aussi unie qu'il n'y paraît. Et même dans les caves où le vin coule à flot, les langues ne se délient pas facilement.

Mon commentaire : Philippe Lescarret poursuit dans ce deuxième opus, une étude acérée de la société contemporaine des villes de province, ici le Sud Ouest. En s'appuyant sur un entourage de professionnels, enquêteur de police, spécialiste en toponymie occitane, infirmier psychiatrique ou viticulteur, il décortique les perversions bourgeoises autour d'un crime qui tient le rôle principal. Mélant habilement histoire, art de vivre et enquête criminelle, Philippe Lescarret raconte les jeunes désoeuvrés, l'argent facile, la peur, la lâcheté, la trahison ... Comment une âme blessée peut elle se reconstruire ? En filigrane, la vie personnelle des enquêteurs n'est jamais indemne des salissures qu'elle côtoie près des criminels en puissance ... Et la nature qui reprend toujours ses droits, avec ses saveurs subtiles et gourmandes ...

Extrait : "On dit que les femmes préfèrent le doux. Pourtant, la dégustation est un voyage qu'on effectue tout au long de sa vie. Jeune, on apprécie les vins moelleux, parfois liquoreux. On identifie facilement les arômes de fruits confits ou tropicaux, certains de figues sèches. Lorsque ses sens sont éduqués, on découvre les vins rouges, avec toute leur palette d'arômes, des fruits rouges aux épices en passant par les odeurs des sous-bois. Et lorsqu'on a atteint un âge mûr, on revient au vin blanc, mais sec ..."

Belle lecture à tous ...