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Je vais vous présenter aujourd'hui "Le Chat de la mère Raval" de Gérard Kammerlocher, publié chez Edilivre. L'auteur s'est retiré depuis quelques années dans les Landes après avoir bourlingué aux quatre coins du monde grâce une vie professionnelle multiple et très riche. Cette ouverture au monde donne un relief particulier aux histoires qu'il écrit.

Quatrième de couverture :L’intrigue du roman de Gérard Kammerlocher, qui débute en 1998, évoque les risques causés par le flou juridique entourant le principe de présomption d’innocence. L’inspecteur Léon Grobois est chargé de faire la lumière sur les conditions troubles de l’agression d’un riche homme d’affaires. Il suspecte d’abord la fille de celui-ci d’avoir attenté à la vie de son père pour récupérer son héritage. La jeune femme passe deux mois en prison, avant d’être innocentée. L’enquête piétine, sans que la police ne parvienne à mettre la main sur l’arme du crime, ni sur une preuve ou le moindre suspect. Pendant que l’inspecteur suit plusieurs pistes infructueuses, le véritable coupable reste introuvable et fait de nouvelles victimes. Tout en ménageant un suspense intense jusqu’au dénouement, l’auteur traite avec subtilité d’une brûlante question de société

Mon commentaire : Au delà du tragique fait divers, Gérard Kammerlocher fait une analyse vitriolée d'une société qui passe le troisième millénaire. Grâce à une écriture rythmée et sans fioriture, il imprime un mouvement à l'histoire qui arrive à nous tenir en haleine jusqu'au dernier mot. "Le Chat de la mère Raval" est une déclinaison des défauts inhérents à toute humanité et exacerbés dans le milieu familial : haine, envie, frustration, échec, jalousie ...

Extrait : Garde à vue, ces mots entendus aux journaux tél"visés, lui avaient glacé les sangs. Du haut de ses dix huit ans, nimbée de son innocence, elle avait interprété : je suis en prison. Il était 21 heures, ils lui avaient laissé sa montre comme pour lui permettre de compter le temps, ce qui aurait pour effet d'accroitre son stress. Un agent la gratifia d'un en-cas frugal qu'elle déposa sur la banquette sans y toucher. La gorge serrées, les mains et les pieds gelés, assise à même le sol, dos au mur; surtout ne pas s'allonger. Elle s'évada dans ses pensées, revit ses plus beaux jours avec son père.

Belle lecture à tous ...