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Je vais vous présenter aujourd'hui "Ils ont voulu nous civiliser" de Marin Ledun, publié chez Flammarion. Marin Ledun vit sur la côte landaise et a magnifié dans plusieurs de ses romans, la verticalité des pins, comme un phare dans la tempête:

Quatrième de couverture :Thomas Ferrer n'est pas un truand. Pas vraiment. Les petits trafics lui permettent de sortir la tête de l'eau, même si la vie n'a pas été tendre avec lui. De petits larcins en détournements de ferraille, le voilà face à face avec un truand, un vrai cette fois. Celui-ci, laissé pour mort par Ferrer, embarque deux frères assoiffés de vengeance à la poursuite de son agresseur. La traque sera sans pitié, alors qu'une puissante tempête s'abat sur la région.

Mon commentaire : Entre Océan Atlantique et forêt de pins, l'intrigue menée comme un road movie, se noue dès les premiers mots. Une véritable descente aux enfers dans une nature rendue hostile par les éléments déchainés, enferme les protagonistes dans un sombre huis-clos. Des alliances se créent par nécessité vitale, exacerbant la part obscure de chaque homme. Aucun n'est innocent. Chacun porte le poids de sa propre culpabilité et parfois au-delà. La tempête fait exploser les rancoeurs accumulées, les haines, les aigreurs, l'avidité, la cupidité mais aussi et surtout les tournants ratés, les mauvais choix. Et venant de très loin dans la mémoire de l'ancien, le souvenir d'un amour impossible, dévatation absolue qui a fait le lit d'une haine de ce monde hostile et peuplé d'enemis. Mais malgré cette apporche en apparence désabusée sur l'homme et les travers qu'engendre la société actuelle, Marin Ledun écrit chacun de ses romans "porté" par une profonde humanité. N'a t il pas ainsi choisi en exergue du livre cette citation de Dashiell Hammett de 1949 : "Bien sûr que tu peux me demander de quoi parle mon prochain roman. Les gens m'intéressent et j'ai toujours pensé que quelqu'un devait écrire sur eux ..."

Belle lecture à tous ...