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Je vais vous présenter aujourd'hui "Ce pays qu'on assassine" de Gilles Vincent, publié aux éditions In 8. Il vit depuis plus de quinze ans dans le Béarn, consacrant l'essentiel de son temps entre écriture, animation d'ateliers en milieu scolaire, en prison ou à l'hôpital.

Quatrième de couverture : Au coeur de Marseille, on exécute Tarek Bsarani de trois balles dans la tête. Il était le directeur de campagne d'une jeune députée du Vaucluse, espoir prometteur du Parti National de France. A l'autre bout du pays, on découvre dans la boue les corps meurtris de deux jeunes Erythréennes. Deux migrantes égarées sur les routes dévastées de l'exode. Forte de son expérience et d'une équipe soudée, la commissaire Aïcha Sadia tente de dénouer l'affaire marseillaise, tandis qu'au nord, dans ces territoires laminés par la crise, le capitaine Carole Vermeer, flic fragile et vacillante, butte sur la solitude et le mensonge. A mesure que l'échéance électorale approche, la tension politique vient brouiller les pistes…

Mon commentaire : D'un coup de crayon très sûr, Gilles Vincent nous plonge dès les premiers mots, dans une de ces affaires qui nous tiennent en haleine pendant quelques jours dans les médias, avant que d'autres atrocités ne les relèguent aux oubliettes. Mélant d'une manière inextricable étude de moeurs politique et sociale, l'auteur décrit une société, la nôtre, engluée dans ses paradoxes. J'ai été fascinée par l'écriture intense et rapide de ce roman noir, décrivant en parallèle deux parcours confrontés au crime, à la corruption, à la face obscure de l'homme, sans espoir de rédemption. Et lorsque ces deux parcours se rejoignent, c'est l'implosion ...

Extrait : Elle se dit que ces trois morts-là ne peuvent se résumer à un accident de travail, trois flics de pas trente ans qu'on va passer en pertes et profits. Non, ce n'est juste pas possible. Ces trois-là sont avant tout les signes de la tempête qui s'annonce. Une trombe de haine brune qui va submerger le pays tout entier. Elle le sent venir. Et là, quand la terre qu'elle aime sombrera dans la haine des autres, que règneront les lois nouvelles, quand les frontières rétablies ne seront plus que barbelés, que lui restera-t-il, sinon se cacher pour pleurer son chagrin ?

Belle lecture à tous ...