sans-titre

Je vais vous présenter aujourd'hui "Honoria" de Judith Housez, publié aux Equateurs, très jolie maison d'édition dont le nom est inspiré du poème éponyme de Blaise Cendrars. "On dirait que l'Atlantique va déborder sur le ciel". Il donne le ton sur son esprit fondé sur l'aventure éditoriale sous toutes ses formes.

Quatrième de couverture : Honoria, princesse romaine, est peut-être la première femme moderne. Quel fut le roman de sa vie ? Les historiens perdent sa trace en 449 après Jésus Christ. Avec un regard amusé et en y mélant sa vie personnelle, Judith Housez s'est lancée dans une éblouissante enquête qui conduit le lecteur à travers le crépuscule de l'Empire romain, ce mythe fondateur du monde judéo-chrétien dont nous ignorons tout.

Mon commentaire : J'ai lu "Honoria" il y a quelques semaines déjà, et elle est toujours en moi. Ce livre est posé sous la lampe à côté de mon fauteuil et attire mon regard, mon esprit. "Honoria" est un portrait de femme, peut-être la  première femme moderne de notre ère ... En transit professionnel, l'auteur voit ses propres repères se modifier, et se libère en quelque sorte, prête à vivre une aventure extraordinaire, de celles qui nous transforment à jamais. Judith Housez croise son personnage au détour d'une recherche pour un scénario façon péplum que lui a commandé un producteur plus attiré par de potentielles retombées finabncières que par une vérité historique.

Extrait : Sur la fille de Gallia Placida, je trouve un article de 1919 dans le Journal of Roman Studies et je lis deux phrases, qui soudain me semblent plus fortes que toutes celles que je lis depuis des jours et des jours :

- Honoria a aimé un affranchi

- Honoria a demandé Attila en mariage

Je repose l'énorme recueil. C'est elle."

Mon commentaire : Grâce à une écriture portée à la fois par une grande érudition et par un style très contemporain, Judith Housez nous submerge dans ce véritable coup de foudre d'un auteur pour un personnage. Honoria l'attire immédiatement dans sa façon transgressive de vivre chaque instant. Elle est "tout de même" soeur d'Empereur ! "Honoria" est aussi le miroir d'une société décadente qui se reflète par bien des aspects dans la nôtre. Analyse politique d'un monde arrivé à son terme ? Réflexion philosophique sur l'esprit qui nourrit en son sein sa perte ? Ou histoire d'une femme qui s'affranchit des contraintes de castes en vivant pleinement ses passions ? Les historiens perdent sa trace en 449, laissant ainsi libre cours à nos rêves ...

Belle lecture à tous ...