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Je vais vous présenter "Les cigognes sont immortelles"" d'Alain Mabanckou, publié chez Seuil. J'ai découvert Alain Mabanckou avec bonheur, tout à fait par hasard, au détour de "La Grande Librairie".

Quatrième de couvertureÀ Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge.

Mon commentaire : Avec une langue savoureuse d'apparente naïveté, Alain Mabanckou nous emmène dans le Congo des années '70. Michel est un jeune adolescent qui découvre brutalement, lors de l'assassinat du camarade président, un monde fait d'opportunisme, de compromissions et de lâchetés. Histoires individuelles mélées parfois par le sang à la grande Histoire, "Les cigognes sont immortelles" fait le terrible constat des dérives de la décolonisation et des impasses du continent africain. L'auteur va cependant bien au-delà d'une simple narration très agréable par son style et les images qu'elle révèle. Il raconte le rêve d'un jeune garçon préservé par son insouciance et son devenir d'homme. Il peint l'âme qui se construit aux couleurs d'un pays fracturé : il dit l'espoir dans l'affrontement ...

Extrait : Je pense en même temps à Maman Pauline, et je me demande : si elle était moi Michel et si moi j'étais elle Maman Pauline, qu'est-ce qu'elle répondrait au juge Oko-Bankala ? je suis sûr que si elle était moi Michel, elle se dirait : Michel, voici une occasion de montrer que tu es un homme, donc de choisir d'exprimer ce qui est au fond de toi et que tu trouves juste et bon. N'écoute que cette voix-là qui te parle ..

- Mon petit, ce sera la dernière fois que je te repose la question, je n'ai pas que ça à faire : est-ce que le capitaine Kimboula-Nkaya était le frère de ta mère, donc ton oncle?

Je laisse s'exprimer la petite voix qui est au fond de moi, et je réponds :

- Le capitaine Kimboula-Nkaya n'était pas mon oncle, mais il est devenu une cigogne, et les cigognes sont immortelles ...

Belle lecture à tous ...