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Je vais vous présenter aujourd'hui "L'heure de notre mort" de Philippe Lescarret, publié chez Cairn dans la collection "Du Noir au Sud", magnifique maison d'édition paloise.

Quatrième de couverture : Eté 2009. Alors que le procès du dernier criminel nazi est sur le point de s'ouvrir, plusieurs vieillards sont retrouvés morts dans le sud-ouest de la France. Des témoins gênants venus d'Espagne ? Avaient-ils commis des exactions ? Guidé par une enseignante, spécialiste du Franquisme, le lieutenant Yann Loubeyres s'efforce de faire la lumière sur le passé. Avec ses coéquipiers de la PJ, il infiltre les réseaux les plus secrets, comme celui d'anarcho-syndicalistes, se prenant pour les héritiers des Brigades Internationales. Il met aussi sous surveillance des intégristes catholiques et des francs-maçons, gardiens de la morale. Au milieu de tous ces donneurs de leçon, il comprend que le voyou n'est pas le seul à rendre des comptes. Le flic doit lui aussi affronter son passé le plus intime.

Mon commentaire : J'attendais avec impatience ce troisième opus que j'ai découvert avec un grand plaisir intellectuel au fil des pages. "L'heure de notre mort" dépasse le cadre du roman policier par les thèmes qu'il évoque. Philippe Lescarret, avec la curiosité et l'érudition qui le caractérisent, nous entrouve les portes sur les sombres ramifications du pouvoir, mettant en exergue les terribles dérives des donneurs de leçons. Passionnante enquête à "tiroirs", l'auteur pose des questions essentielles sur la face obscure de notre humanité, exacerbée par les dramatiques rendez-vous donnés par la Grande Histoire.

Extrait : L'orage avait cessé. Le vent ne soufflait plus. Le silence de la nuit reprenait ses droits. Au loin, la cloche de l'église sonna deux coups. Fin de la prière. Le pénitent lâcha le fouet et se laissa tomber en avant.Front contre le sol, mains croisées derrière la tête, il sanglota, plusieurs fois.

- Miséricordia, répéta-t-il.

Sur son dos, de longs traits rouges. Par endroits, des gouttes de sang avaient perlé, dégoulinant jusque sur les flancs décharnés. Les sanglots laissèrent place à des larmes silencieuses. En coulant sur le parquet, celles-ci formèrent une auréole humide. La flamme vacilla une dernière fois avant de s'éteindre.

En filigrane, la question de cette humanité : quelle place pour le pardon, la rédemption, la résilience ?

Belle lecture à tous ...