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Quatrième de couverture : Un léger vent de panique souffle dès les premières lignes de ce récit tendu et malicieux. Car tous les ingrédients incontournables de l'universelle effervescence prénuptiale sont en place quand un événement vient électriser davantage encore la situation : le jour J, la mariée s'enferme dans une chambre. Et par son mutisme, refusant d'en sortir, elle laisse libre cours aux conjectures inquiètes, aux bienveillantes initiatives chargées d'effets pervers, aux conflits larvés. Mais s'imposent alors aussi la pureté, la sincérité - et la fragilité intrinsèque - de l'amour que lui voue son promis. Elégante, féroce, imparable, sous couvert de vaudeville domestique, de satire de l'institution du mariage comme de l'épineux écosystème familial, cette novella capture l'essence de la société israélienne contemporaine et ses plus intimes - donc politiques - contradictions. Virevoltant de vie, un divertimento pétillant et acide qui, par un tragique caprice du destin, sera le dernier livre de la grande Ronit Matalon.

Mon commentaire : Quel bonheur d'avoir ce petit bijou entre les mains. Je l'ai lu et relu à peine refermé et j'y ai retrouvé la même intensité jubilatoire et caustique à lire un évènement, à priori universel, et pourtant unique, grâce à la plume d'orfèvre de Ronit Matalon. Avec talent et sobriété, l'auteur couvre toute la palette des petites lâchetés conjugales dans une sorte de huis-clos et sur un laps de temps très court puisque ce roman balaye les quelques heures avant le mariage. Un passage des plus savoureux ( le prêt par un ami d'un camion délabré de la compagnie d'électricité palestinienne avec une nacelle et des inscriptions en arabe ) rappelle d'une manière directe mais subtile le contexte géopolitique. Bref ... LISEZ LE !

Extrait : "- Comment ça, il a raison ? Qu'est ce que tu racontes, tu divagues mon pauvre !" éructa sa femme qui se tourna vers leur fils et plaqua presque son visage contre le sien ( Matti ne put empécher une pensée de lui traverser l'esprit : c'est certainement d'aussi près que Picasso a vu tous ces visages étrangement déconstruits qu'il a peints ). "Qu'est ce qui ne nous regarde pas ? C'est ça que je veux comprendre. Dans quelques heures, cinq cents personnes débarqueront pour une réception où il n'y a pas de mariée et ça ne nous regarde pas ? Alors qu'est ce qui nous regarde ? C'est comme si on naviguait tous dans une barque et que soudain, avec une perceuse, tu commençais à faire des trous dans la coque ! Là aussi, tu dirais que ça ne me regarde pas ? Eh bien c'est pareil", haleta-t-elle. Bouleversée par son effort rhétorique, elle se rassit sur sa chaise, avala d'un coup le verre de Coca posé devant elle et ne put réprimer une grimace : "C'est infect. Il n'y a plus du tout de gaz là-dedans."

Belle lecture à tous