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Je vais vous présenter "Le cabinet du Docteur Blanche" de Jacques-Emile Blanche, publié chez L'Eveilleur, très jolie maison d'édition bordelaise.

Quatrième de couverture : Passer la majeure partie de son enfance dans un institut pour aliénés n'est pas chose si courante. Jacques-Emile Blanche, futur portraitiste du Tout-Paris littéraire et artistique (Proust, Cocteau, Drieu La Rochelle furent quelques-uns de ses prestigieux modèles), grandit parmi les patients de son père, dont certains pouvaient également être des amis de la famille, à l'instar du compositeur Charles Gounod. On tenait en effet table ouverte dans la clinique du bon docteur Blanche, installée à Passy, et Jacques-Emile apprit très tôt que la frontière entre " folie " et " normalité " n'est rien moins que ténue. Ce sont ces années d'une étrange formation qu'il décrit merveilleusement dans ces pages de souvenirs, où revivent de vieilles demoiselles sujettes à monomanies, un prélat écossais azimuté se prenant pour un illustre astronome, et où l'on croise Maupassant, Nerval, Renan, Michelet, Berlioz, Baudelaire, Corot, Manet, Fantin-Latour...

Mon commentaire : Quel régal de suivre cette galerie de portraits esquissée d'une manière rythmée et avec une certaine élégance. Jacques-Emile Blanche, peintre et écrivain au tournant du siècle dernier, ultime rejeton d'une lignée d'aliénistes, nous dit avec son regard d'enfant parfois, les fragilités de l'âme dans une époque en apparence figée. Au-delà du style littéraire d'une grande qualité, "Le cabinet du Docteur Blanche" est un témoignage exceptionnel sur le milieu intellectuel, mondain et psychiatrique de la fin du XIXème siècle. A ce titre, la préface de Xavier Rosan, l'éditeur, est une mine passionnante sur le contexte qui accompagne ces portraits.

Extrait : Mon père prétendait qu'il y a plus de fous que de soi-disant gens d'esprit. Aussi bien, j'ai, dès l'enfance, su reconnaitre les déséquilibrés à un regard, à un geste. Mon contact avec les malades, irresponsables selon mon père, m'a rendu plus indulgent à l'endroit du prochain, plus patient avec les caractères réputés intolérables. Ma mère m'a souvent redit que, de bonne heure, j'avais eu un penchant pour les êtres bizarres.

Belle lecture à tous ...