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Je vais vous présenter aujourd'hui "Physiologie du flâneur" de Louis Huart, publié chez l'Eveilleur, magnifique maison d'édition bordelaise.

Quatrième de couverture : Le flâneur n'est pas un badaud, ni un musard, il ne traîne pas, non : il flâne. Car si, à ses débuts, la marche du quidam s'apparente à une déambulation libératrice, sans but précis, celle du vrai flâneur, curieux de tout, fait de son oisiveté un travail intense, passionné, sinon acharné, d'observation de son environnement et de ses contemporains. Avec cet amusant "guide du savoir flâner", riche en dessins de grands illustrateurs du XIXe siècle (Daumier, Gavarni, entre autres), Louis Huart, publiciste expert en physiologies, nous replonge dans cette époque où l'étude de ses contemporains (Balzac le fit volontiers) permettait de singuliers exercices littéraires. Il prend le parti de décrire le flâneur dans le détail, analysant son milieu, ses comportements, ses moeurs et ses travers. Entre caricature et "micro-comédie humaine", cet ouvrage est un petit bijou d'impertinence et d'analyse qui invite à marcher, ou mieux : à flâner... Une sorte de thérapie par la marche avant l'heure ! A consommer sans modération.

Mon commentaire : Xavier Rosan, comme à son habitude, croque dans une préface rythmée, le contexte historique, social et politique de cette deuxième moitié du XIXème siècle, qui voit l'explosion d'un art qui ne dit pas son nom : la caricature. Louis Huart est un des piliers du Charivari, journal d'opposition à la monarchie de Juillet et ancêtre de Charlie Hebdo, partageant ce trait bien français qu'est la dérision. Ce petit livre, largement illustré de dessins de Daumier et de ses coreligionnaires, est un vrai régal de causticité. Le sourire ne m'a pas quitté tant que je l'ai eu entre les mains, en me disant dans une dernière réflexion, que ces traits de caractères, pas si déformés que ça, étaient terriblement contemporains !

Extrait : Etudiez plutôt les moeurs et les habitudes de tous les animaux de votre connaissance, et vous admirerez toute la justesse de cette remarque. Après qu'ils ont pris leur nourriture, le singe gambade, le chien court à droite et à gauche, l'ours tourne sur lui-même, le boeuf rumine, et ainsi de toutes les autres créatures qui embellissent plus ou moins la surface de la terre. Mais l'homme seul, après son dîner, achète un cigare, qu'il consent à payer quatre sous parce qu'il est mauvais, puis il va flâner ...

Belle lecture à tous