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Je vais vous présenter aujourd'hui "L'atelier de Sévère", d'Anne-Marie Carthé, publié chez La Cheminante, magnifique maison d'édition à Ciboure.

Quatrième de couvertureCe troisième roman d'Anne-Marie Carthé sonde l'univers intérieur de Sévère, artiste peintre, qui s'obstine à percer un mystère. Obsédé par la nouvelle de Balzac, Le Chef-d'oeuvre inconnu, Sévère s'interroge sur sa peinture tout en tentant de se rapprocher de la perfection que lui inspire sa fascination pour la nature. Entre le Gers, l'Espagne et le Portugal - géographie où circulent les oeuvres de l'artiste dans le monde de l'art contemporain - Sévère évolue d'une manière décalée très attachante, dans un lien profond avec sa mère. La clé de sa quête artistique va résider dans la révélation d'un secret familial lié à l'histoire taboue des enfants volés du franquisme... L'horizon qui s'ouvre à lui libère les émotions et les sentiments jusque-là pétrifiés par le silence de la grande Histoire. A lire à la suite du roman, la nouvelle d'Honoré de Balzac : Le Chef-d'oeuvre inconnu.

Mon commentaire : Je referme ce petit bijou littéraire et artistique sur les mots de Sylvie Darreau, fondatrice de La Cheminante : "L'atelier de Sévère dit sa passion pour la peinture et révèle un pan caché de l'Histoire espagnole, sans jamais se départir d'un cosmopolitisme naturel et contagieux." Ce roman va bien au-delà d'une simple ode à la peinture. Anne-Marie Carthé lève ici légèrement le voile sur un processus de création libératoire. L'artiste est fragmenté, incomplet, à la recherche de son âme, porteur sans le savoir de douloureux secrets de famille. Cette recherche inconsciente est amplifiée par l'introspection maternelle et la mise en miroir symolique de l'art du père, dans une série d'expositions dans des galeries entre les 3 pays : comprendre ses racines pour libérer sa création. J'ai aimé l'écriture lumineuse d'Anne-Marie Carthé qui rend si bien avec ses mots les tourments de l'âme, si difficiles à comprendre et que parfois seul l'art ( ici la peinture ) permet de transcender. Mention particulière pour la couverture du livre par Fred Ebami.

En exergue de cette magnifique histoire, cette phrase de Victor Hugo :

Peuples !

Ecoutez le poète !

Ecoutez le réveur sacré !

Dans la nuit, sans lui complète,

Lui seul a le front éclairé.

Belle lecture à tous ...