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Je vais vous présenter aujourd'hui "Otage en réanimation" de Pierre Sagnet, publié chez Cairn, magnifique maison d'édition paloise.

Quatrième de couverture : Doucement, Pierre se réveille après trois ans de coma. De son passé, il a tout oublié. Perçues du fond de son nuage ouateux, les premières conversations l incitent à rester caché derrière son coma. Il faut qu il en sache plus sur sa vie antérieure. Et puis, il doute. La vie qui l attend vaut-elle la peine d être vécue? A-t-il des raisons de se réveiller ? Tout va se jouer en trente jours dans l espace restreint d une salle de réanimation. De son lit, Pierre découvre des soignants dévoués, des voisins d infortune, le folklore de la salle de garde. Il est à la merci d un sérial killer, d un amant jaloux et de deux expérimentateurs sans scrupule. Va-t-il déjouer tous les pièges, se laisser mourir ou se battre pour vivre?

Mon commentaire : Surprenante concordance avec l'actualité, ce roman m'a laissé un arrière-goût bien amer. L'auteur, chirurgien orthopédiste, connait le milieu hospitalier, aussi bien comme praticien que comme patient puisqu'il a été plongé trois semaines dans le coma suite à un terrible accident de voiture. L'écriture envoutante de Pierre Sagnet nous emmène bien au-delà de la description d'un, voir plusieurs, faits divers. Cet état végétatif en apparence, va le conduire à observer les autres et réfléchir sur sa propre humanité, le faisant basculer dans la manipulation, seule manière d'exprimer son instinct de survie. Véritable allégorie de l'homme spectateur de sa propre vie, l'auteur décortique au scalpel toutes les mesquineries de la nature humaine qui, pour certaines, conduisent jusqu'au point de non-retour, sans possibilité de rédemption.

Extrait : J'assiste avec détachement à la discussion qui s'ensuit : faut il se battre pour le sauver ? Faut il le laisser mourir comme il l'a écrit ? S'agit il d'acharnement thérapeutique ? Je réalise que j'ai péché par orgueil, je voulais être maître de ma vie, de ma mort, décider tout seul. Je suis à nouveau l'objet de discussions, on va encore décider pour moi. J'ai écris hier que je voulais mourir, aujoud'hui je n'en suis plus si sûr, je reste spectateur. Je viens de faire un saut en arrière. Au secours, sauvez-moi de ma bêtise, de mon orgueil.

Belle lecture à tous ...