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J'ai découvert Sylvain Tesson il y a quelques mois, et j'ai eu un vrai coup de coeur pour son écriture élégante, fluide et érudite. Publié aux Editions Equateurs au lendemain de la catastrophe du 15 avril 2019, toute une chaine de l'éditeur au libraire, de l'écrivain au photographe, s'est mise en route avec une infinie générosité pour participer à ce recueil contre l'effroi. Les bénéfices de la vente de cet ouvrage seront reversés à la restauration de la cathédrale et à celle du patrimoine. Ce petit livre, qui pèse le poids des sensations partagées une fois refermé, regroupe trois textes de Sylvain Tesson sur la cathédrale, publiés en 2005, 2017 et un troisième écrit dans "la nuit du bûcher". On peut voir une progression, un cheminement introspectif porté par les évènements extérieurs, vivant une forme de conversion qui transcende son humanité : "même si le ciel est vide, il est heureux que les hommes aient inventé cette religion, plus lumineuse que les autres" écrit-il. Le premier texte raconte "ses escalades sur les monuments gothiques en compagnie d'amis fantasques", convoquant les mystères alchimiques. Le deuxième raconte comment la cathédrale l'a sauvé après une terrible chute. Le troisième a été écrit "dans la nuit du bûcher", véritable "déclaration d'amour à la Dame Blanche". La quête inextinguible de Sylvain Tesson est peut être dans ces quelques mots :

"Nous autres qui ne croyons pas en Dieu (mais vénérons son idée et certaines de ses représentations grecques, latines, juives et chrétiennes), nous cherchons à tout prix un signe dans la flèche dévorée. Peu importe que le signe tombe du ciel ou bien naisse de nos esprits. En signalétique, une "flèche" indique une direction. Si on ne peut pas affubler les évènements d'une valeur symbolique, c'est à désespérer de la poésie ! "Que serions nous sans le secours de ce qui n'existe pas", disait Paul Valéry".

Belle lecture à tous ...