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Je vais vous présenter aujourd'hui "Mes chats" d'Evelyne Dress, publié aux éditions Glyphe.

Quatrième de couverture : Le meilleur ami du chat, c’est l’écrivain, on le sait. Evelyne Dress n’échappe pas à la tradition et nous dévoile quelques anecdotes savoureuses sur ses rencontres félines. « Ces êtres silencieux, tantôt émouvants et sages, tantôt profonds et rebelles, m’ont aidée à panser mes blessures secrètes. Ils méritaient bien que je leur consacre quelques lignes. »

Mon commentaire : Evelyne Dress est une actrice incontournable du cinéma français, du théâtre et de la télévision. Il y a quelques années, elle a ajouté une autre corde à son arc d'artiste : l'écriture. La préface de Laetitia Barlerin, vétérinaire et amie de l'auteur, commence par ces mots de Colette : "A fréquenter les chats, on ne risque que de s'enrichir". Quel magnifique parrainage que celui d'une grande amoureuse des lettres et des chats, archétype de la femme libre dans une société phagocytée par les usages bourgeois d'une époque finissante. Evelyne Dress a l'élégance des mots choisis pour dire le "Je ne te hais point" des âmes pudiques et le soupçon de dérision nécessaire au détachement des mesquineries. Elle adore les chats, non comme des idoles, mais d'abord comme un reflet d'elle-même puis comme un autre, totalement indépendant, qui l'observe, la scrute, la caline, l'accepte ou la rejette. Jamais elle ne tente de réduire l'animal à sa part d'humanité, nous laissant ainsi entrevoir ce qu'elle partage, ou plutôt ce que les chats acceptent de partager avec elle : une subtile sensibilité, une curiosité de l'autre, une finesse et cette élégance féline.

Voici ce qu'elle écrit pour dire l'indicible de la perte d'un doux compagnon dans son enfance : " L'amputation de cette moitié de moi-même me laissa fracassée, dévastée.  Je me jurai de ne plus jamais revivre pareil déchirement". Bien plus tard, après quelques années d'analyse, elle comprend que " pour qu'il y ait dépendance affective, il faut avoir grandi avec des manques" creusant ainsi le lit d'une solitude habitée par un jumeau félin : " Hector était aux anges. Pour me marquer sa reconnaissance, il me lécha le visage, les cheveux, les mains. Ses caresses ressemblaient à de l'amour véritable. Il était ma résurrection. Le coeur noble, indulgent, charitable, reconnaissant, délicat, honnête, inoffensif, il me réconciliait avec le monde.". "Il y a deux moyens d'oublier les tracas de la vie : la musique et les chats" disait Albert Schweitzer ...

Belle lecture à tous ...