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Je vais vous présenter aujourd'hui "Un étrange ravissement" de Gil Arrocena, publié chez Lamia, toute jeune maison d'édition bayonnaise, porteuse des littératures basques d'ici et d'ailleurs. Dans la mythologie basque, la lamia est une créature fantastique ou un génie avec des pieds palmés, nous transportant dans un ailleurs révé.

Voici quelques mots de l'éditeur dans la préface : Voici l'histoire d'une jeune femme qui se découvre des ailes au moment de chuter dans le vide. Son itiniraire dans le coeur de cette petite ville balnéaire basque semble faire écho à la démarche mystique de Maître Eckhart ou d'Abhinavagupta identifiant l'un comme l'autre le néant et le vide à l'infini. Quand la narratrice accepte les jeux d'ombre et de lumière de la vie, elle éprouve une sérénité digne de la plus haute béatitude. Le présent du récit perd la dimension habituelle de l'inachèvement, et se rapproche d'un présent de l'éternité. Bienvenue dans l'extase matérielle.

Mon commentaire : J'ai toujours été fascinée par cette faculté qu'ont certains hommes de se mettre à la place d'une femme et d'exprimer avec une étonnante justesse, les mystères de la pensée féminine qui paraissent impénétrables à beaucoup . Gil Arrocena a cette plume qui nous détache des mots pour nous immerger dans la vie d'un autre comme dans un miroir. Ecrit avec le premier confinement, dans une actualité lourde et mortifère, ce petit recueil est une véritable bouffée d'oxygène et d'étonnement par son approche libératrice de l'enfermement qui devient choisi et désiré.

L'auteur écrit : j'ai la chance de vivre en quarantaine avec l'homme que j'aime, et du matin au soir, je me répète à voix basse que le coronavirus est pour moi synonyme de passion, de liberté et de douceur. Avec le confinement, j'ai perdu le monde et retrouvé l'amour sur le chemin de Guruzteta, au troisième et dernier étage de notre résidence de standing, dans cet appartement lumineux qui tourne le dos à l'océan pour mieux plonger sur les toitures orange de Ciboure.

Mon commentaire : les magnifiques photos de Bernard Bayle accompagnent les déambulations de la narratrice, nous conviant ainsi à un voyage intérieur libérateur. En exergue ces mots "Aux enfants de Verlaine et d'ailleurs..."

Belle lecture à tous...