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"Mémoires d'un chasseur de renards" est publié chez l'Eveilleur, très jolie maison d'édition bordelaise, adossée au Festin. Ecrit en 1928 et reconnu dès sa parution comme un classique de la littérature anglaise, ce rompan raconte l'histoire d'un jeune orphelin, élevé dans les jupes d'une tante maniaque.

Quatrième de couverture Jeune orphelin craintif élevé dans les jupons d'une tante maniaque, George Sherston se découvre une passion pour le monde des chevaux : encouragé par un cocher bourru, il révèle un caractère trempé de cavalier qui fait de lui le plus casse-cou des sauteurs de haies. Son éducation se cantonne alors à trois disciplines : cricket, courses et chasse au renard. A ce régime, se forge la carrure d'un garçon déterminé, plein d'allant, d'endurance et de courage physique. Pour autant, derrière le jeune homme au masque impassible, se dissimule une sensibilité délicate, angoissée, un coeur à jamais envahi par le doute. Doute qu'attise le trouble que George éprouve à l'endroit de Denis, un de ses frères en vénerie, dont il fait son héros.

Mon commentaire : De l'écriture fine et élégante que l'on attend d'un gentleman anglais du début du XXème siècle, Siegfried Sassoon esquisse le portrait d'un jeune homme insouciant qui va brutalement basculer dans l'horreur de la Grande Guerre. On oscille entre auto-dérision, causticité et naïveté parfois. Plusieurs thèmes intemporels sont suggérés en filigrane, confinant à la tragédie implacable du rendez-vous avec l'Histoire.

Extrait : Pendant les quelques mesures du prélude jouées sereinement par l'accompagnement, l'archet et le violon pendaient à sa main gauche, et le geste irrépressible avec lequel il éleva l'instrument jusqu'à son menton semblait soutenir le rythme de mon émotion, qui fut à son comble lorsque j'entendis la première phrase, éloquente et calme. Le charme toujours jeune de la sonate se déroulait, et Kreisler l'interprétait ave tendresse et majesté. Pour lui, ce concert se perdait dans cette série de récitals qui le conduisaient à sa carrière triomphale. Mais je sentais bien alors, comme jamais encore je ne l'avais fait, qu'une telle musique donnait plus de satisfaction que le cor de chasse. Dans le train du retour, mes pensées étaient également partagées entre le concert de Kreisler et mon nouvel équipement de chasseur. Mes bottes neuves eurent sans doute l'avantage."

Belle lecture à tous...