Mon premier Kourilsky ! Et mon deuxième Prix Littré ... 

Quatrième de couverture : Christian Arribeau, jeune médecin ambitieux et pétri d'orgueil, a planifié sa carrière pour accéder aux plus hautes fonctions, balayant tous ses concurrents. Il vient de franchir la dernière étape avant sa nomination comme professeur de néphrologie. Mais, alors qu'il sort discrètement d'un immeuble, il renverse un clochard qui s est jeté sous ses roues. Paniqué à l'idée des conséquences sur sa carrière et persuadé que personne ne l'a vu, il prend la fuite. Commence alors une vertigineuse descente aux enfers, orchestrée par l'obstination d un policier et l'intervention d un témoin mystérieux aux motivations obscures. S'agissait-il d'un banal accident ou d'une machination ? Et dans ce cas, qui tire les ficelles ? L'univers bien organisé et la belle assurance d Arribeau vont s'écrouler comme un château de cartes.

Mon commentaire :Ce roman médico-policier semble au premier abord d'une facture classique : un meurtre, une fuite, une machination, un milieu bourgeois, des egos acérés, l'humiliation, la lâcheté, la haine, la vengeance ...L'écriture est fluide et l'auteur nous  fait oublier les mécanismes de création. Avec une plume quasi chirurgicale, Olivier Kourilsky dissèque la part sombre intemporelle de l'âme humaine, la référence au maitre des péchés, l'orgueil, menant d'une manière magistrale à un dénouement machiavélique. J'avoue que j'ai commencé à le lire, me disant en tournant nonchalamment les pages que j'allais passer une agréable soirée sur mon transat ... Et j'ai basculé ... Comme fascinée par la machination qui prenait forme sous mes yeux ... A quel moment ? Je ne sais pas et ne veux pas savoir... C'est là toute la magie du bon écrivain ...J'ai retrouvé l'ambiance des films de Chabrol, Lautner, Melville, Verneuil ... En frontispice du "7ème péché", cette phrase de Marguerite de Navarre : "Le scandale est souvent pire que le péché". Tout est dit ou presque ...

Extrait : "Il y a des jours comme ça. Des jours qui commencent bien et qui se terminent dans le cauchemar. Des jours où on voudrait pouvoir remonter le temps, pas beaucoup, juste de quelques secondes pour changer le cours de la vie... (...) ... Je suis médecin néphrologue. Ca veut dire spécialiste en maladies des reins. Pas le mal de dos, non, des maladies bien plus graves, qui conduisent à la dialyse et à la greffe. La néphrologie est une spécialité hautement technique et prestigieuse. Et je vais être bientôt professeur. Enfin ce matin, j'en étais certain..."

Belle lecture à tous ...