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Le TGV file en cette fin d'après midi d'un dimanche pluvieux. La douce lumière tamisée de la lampe sur la tablette se reflète sur la morne plaine entrecoupée de haies et de longues flaques d'eau. De rares voitures s'éclipsent le long des rubans d'asphalte. Leurs phares s'estompent rapidement comme la flamme d'une bougie à peine allumée. Il fait froid... Humide... Le wagon est rempli de solitudes. De regards qui s'évitent. De lumières bleutées. De murmures incompréhensibles hachés par les téléphones qui vibrent, bippent, claironnent subitement pour laisser à nouveau place au silence des rames qui ronronnent sur les rails. Le ciel est bas et lourd, tout en relief d'un camaîeu de gris orageux. Il n'y a plus de place pour l'homme dans cet espace. Je regarde. Une voiture blanche... Isolée ... Personne ... 2 secondes ... Plus rien ... Un toit de tôles gangrenées par la rouille émerge à peine d'un bosquet et soudain, le talus verrouille la perspective ... Tout me ramène à ce vide qui m'engloutit, ce gouffre béant au bord de la voie ferrée ... Tout disparait ... Seule la lumière de chevett se reflète dans la vitre et n'éclaire plus rien ...

 (©) Charlotte Malagar