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Je vais vous présenter aujourd'hui "Le Dali noir" d'Yves Carchon, publié aux éditions Cairn, magnifique maison d'édition paloise, dans la collection Du Noir au Sud.

Quatrième de couvertureA Montparnasse, aux tous débuts des années 20, Matisse, Dali et Picasso inventent l art moderne. Flora, muse et modèle, se jette à corps perdu dans ce monde fécond, où création, passions et liberté de moeurs mènent la danse. Sept décennies plus tard, assignée à Collioure à la Résidence des Oiseaux, la même Flora appelle Fragoni à la rescousse pour retrouver une toile qu on lui a dérobée... S ensuit une traque mouvementée en Catalogne du nord, entre Céret et Cadaqués, où Fragoni lui-même devra se coltiner son passé. Mais il n est pas au bout de ses surprises... Du résultat de son enquête dépend pas moins le sort de la planète.

Mon commentaire : Ce n'est pas la première fois que je vous présente un livre de chez Cairn qui a pour ligne éditoriale de promouvoir l'Histoire, la culture et le patrimoine des Pyrénées et du Sud-Ouest, dans toutes les composantes possibles et imaginables, comme l'ethnologie, le sport, les arts, la proximité de l'Espagne et tant d'autres choses. Le roman policier, dans la collection Du Noir au Sud, en est un excellent vecteur, d'autant qu'il marie ici subtilement intrigue et art, entre secrets de famille et mensonges. Yves Carchon est un esthète qui dessine avec les mots des destins contrariés et parfois tragiques. Quel bonheur j'ai eu à me balader dans ces souvenirs du début du XXème siècle où tout semblait possible et où la jouissance se déclinait sur tous les tons et tous les sens. Le talent de l'auteur est de nous donner l'impression d'aborder un monde, l'Art Moderne, comme si nous le connaissions, apanage d'une écriture érudite et loin de tout pédantisme. Au delà de la résolution du crime, l'enquêteur Fragoni doit trouver son propre Graal dans une véritable introspection familiale qui trouve sa source à Montmartre. Mention particulière au titre, jeu de mots aux sens multiples ...

Extrait : Il faut précisemment l'imaginer ( Montmartre) en ce début de vingtième siècle grouillant de jeunes poètes, d'artistes peintres et de chanteurs des rues, tous talentueux ou ayant du génie, buvant, mangeant, couchant ensemble, sans se soucier des règles et des codes sociaux. Une existence joyeuse et anarchique, et bien sûr sans le sou. Un vivier incroyable où tout était possible. Monmartre était alors le rendez-vous de la bohème où se croisaient des jeunes gens qui inventaient, créaient, imaginaient notre avenir. Un monde bariolé, foldingue, loufoque et prolifique qui allait révolutionner les moeurs et les canons de la beauté en seulement trois décennies.

Belle lecture à tous ...